Le 33ème R.I et La Bataille de La Somme

25 août 1916

Le Régiment reste deux semaines à l’instruction aux environs D’Amiens, Pont-de-Metz, Saluel, Chipilly, le 33e, sous les ordres de son nouveau chef, le Lieutenant-Colonel Partiot.

Début septembre, il est prêt pour de nouveaux combats. Une grande offensive de l’armée française vient d’être déclenchée.

Début septembre, la 3ème Brigade, 33ème et 73ème R.I, fait mouvement et est transportée en camions-automobiles aux baraques du camp Gressaire qui lui sont assignées. Camp situé à 4 km à l’ouest de Bray-sur-Somme.

L’E.M de la 3ème Brigade et les 2 Régiments (33ème et 73ème) sont dans les baraques étroites et peu confortables. Le camp n’a pas de cheminée, pas d’eau et est fort sale.

03 septembre 1916

A 12 heures, le Régiment quitte le Camp Gressaire et va bivouaquer à 2500 mètres de Bray-sur-Somme. A 16 heures, il reçoit l’ordre de se porter sur le bois Billon et la ferme Bonfray (Carte 14).

A 20heures, il reçoit l’ordre du C.A (message téléphonique) de mettre :

  • 1 Bataillon à la disposition de la 46ème D.I
  • 1 Bataillon à la disposition de la 1ère D.I (ou en partie éventuellement.)

04 septembre 1916 :

  • Le 2ème Bataillon du Capitaine Ducamp est mis à la disposition du Général commandant la 46ème D.I par ordre du Général commandant le 1er Corps d’Armée. Il va se porter au sud de Maricourt dans le ravin entre le bois C et le ravin de Suzanne à Méricourt.
  • Le 3ème Bataillon du Commandant Leclère est mis à la disposition du Général Commandant la 1ère D.I, il doit attendre les ordres de déplacement sur place.

Le Régiment est alerté. Le départ pour le front est imminent !

Peu avant le départ, le 33ème reçoit un peu de réconfort ! Le Général Fayolle commandant la VIème Armée adresse une note dans laquelle il témoigne toute sa satisfaction à la 2ème compagnie du 33ème Régiment d’Infanterie et à son chef, le capitaine Dolon.

05 septembre 1916 :

Par Ordre Général n° 68 du 1er Corps d’Armée, la 2ème D.I. relèvera dans la nuit du 04 au 05 et du 05 au 06 la 1ère D.I.

La 3ème Brigade (33ème et 73ème R.I) sera en 1ère ligne.

La 4ème Brigade (8ème et 110ème R.I.) en 2ème ligne.

Le Régiment va relever le 43ème R.I et va participer aux combats de « La Somme ».

Batailles de la Somme en 1916

Carte 1 : Batailles de la Somme en 1916 (carte anglaise)

La bataille de la Somme

Elle se déroule pendant la première guerre mondiale, de juillet à novembre 1916 . Elle oppose les armées britanniques et françaises à l’armée allemande
Ce fut l’une des batailles les plus sanglantes du conflit.

Le contexte de la  bataille de la Somme

Lors d’une conférence à Chantilly, le 6 décembre 1915, les alliés prennent la décision de lancer une offensive d’envergure dans les Flandres. L’idée n’a rien d’original. Il s’agit de percer les lignes allemandes pour rompre avec la guerre de position et revenir à une guerre de mouvement. Mais en janvier 1916, le général en chef des armées françaises, Joseph Joffre, poussé par ses milieux politiques, obtient finalement des britanniques que l’attaque soit lancée en Picardie, sur la Somme.

Mais ce sont finalement les allemands qui prennent l’initiative les premiers par leur attaque brutale sur Verdun, le 21 février 1916.

L’offensive de la Somme dut ainsi être amendée. Foch fut chargé par Joffre de sa mise en œuvre. Les Français, qui devaient fournir l’effort principal, épuisés par la bataille de Verdun, durent le confier aux Britanniques.

Ce fut la première offensive conjointe franco-anglaise de la Grande Guerre. Les forces britanniques lancèrent là leur première opération d’envergure, et tentèrent avec les troupes françaises de percer à travers les lignes allemandes fortifiées sur une ligne nord-sud de 45 km proche de la Somme, dans un triangle entre les villes d’Albert du côté britannique, Péronne et Bapaume du côté allemand.

La  bataille de la Somme s’embourbe.

La bataille de la Somme va durer cinq longs mois, pendant lesquels la férocité des combats atteindra son paroxysme. Attaques et contre-attaques aussi meurtrières qu’inutiles se succèdent d’un côté et de l’autre, sans qu’aucun camp ne parvienne à forcer la décision.

Incapables d’adapter leur tactique de combat d’infanterie aux contraintes imposées par les armements industriels modernes, les généraux français et britanniques, mais aussi allemands, ne peuvent que lancer leurs soldats dans des offensives jugées totalement absurdes par l’Histoire.

C’est pendant la bataille de la Somme que les britanniques vont employer pour la première fois une arme révolutionnaire dont ils espèrent beaucoup : le char d’assaut.  Ce 15 septembre 1916, les premiers « tanks » sont utilisés en situation de combat réel. Leurs premières interventions bénéficient d’un effet de surprise indéniable et amènent quelques succès… relatifs. Mais les premiers exemplaires sont trop lourds, trop lents, peu maniables et pas du tout adaptés aux terrains défoncés des champs de bataille. Les espoirs britanniques sont vite déçus.

La bataille de la Somme reste l’une des batailles les plus meurtrières de l’Histoire (hors victimes civiles), avec parmi les belligérants environ 1 060 000* victimes, dont environ 442 000 morts ou disparus. La première journée de cette bataille, le 1er juillet 1916, fut, pour l’armée britannique, une véritable catastrophe, avec 58 000 soldats mis hors de combat dont 19 240 morts.

*Les chiffres donnent lieu à beaucoup de controverses et restent un sujet de débats entre historiens !

La bataille prit fin le 18 novembre 1916. Le bilan fut, sur le plan militaire, peu convaincant. Les gains de territoires pour les Alliés furent très modestes, une douzaine de kilomètres vers l’est tout au plus, le front ne fut pas percé. Les combats usèrent les adversaires, sans vainqueurs ni vaincus.

Dans ce bilan,la bataille de la Somme se singularise, cependant, par des innovations :

  • sur le plan militaire, par l’utilisation, pour la première fois sur un champ de bataille, d’une arme nouvelle, le char d’assaut. C’est de Pozières que partirent le 15 septembre 1916 les premiers chars d’assaut
  • par l’utilisation du cinéma à des fins de propagande. Pour la première fois, un film, La Bataille de la Somme, saisit une grande partie des horreurs de la guerre moderne en incluant des images tournées lors des premiers jours de la bataille.

Ces événements furent également couverts par des photographes et peintres, comme François Flameng, peintre officiel des armées françaises, dont les nombreux croquis et dessins de ces événements parurent dans la revue L’Illustration (Source : wikipédia et historyweb).

*

Rappel :

En septembre 1916 :

Le 1er Corps d’Armée (le 1er C.A) commandée par le Général Guillaumat

est formée avec les 1ère et 2ème Divisions d’infanterie :

  • La 1re division d’infanterie (1ère D.I) commandée par le Général Léon Grégoire
    • 1re Brigade : Général Rauscher
      • 43e régiment d’infanterie
      • 127e régiment d’infanterie
    • 2e Brigade : Général Pierson
      • 1er régiment d’infanterie
      • 84ème régiment d’infanterie
  • La 2ème division d’infanterie (2ème D.I) commandée par le Général Pierre Amable Guignabaudet
    • 3ème Brigade : Général Duplessis
      • 33ème régiment d’infanterie
      • 73ème régiment d’infanterie
    • 4ème Brigade : Colonel Camille Lévi
      • 8ème régiment d’infanterie
      • 110ème régiment d’infanterie

Le 33ème Régiment d’Infanterie, est commandé par le Lieutenant Colonel Partiot (depuis juin 1916)

  • Le 1er Bataillon commandé par le Capitaine Cottard
  • Le 2ème Bataillon commandé par le Capitaine Ducamp
  • Le 3ème Bataillon commandé par le Commandant Leclère
Batailles de la Somme en 1916

Carte 2 : Batailles de la Somme en 1916 (carte française)

Le front autour de Combles en 1916

Carte 3 : Le front autour de Combles en 1916.

croquis pris sur la route de Maurepas au Forest

Croquis Source bnf Gallica La Grande Guerre –IV volume 3 imprimé en l’année 1931

Les attaques de début septembre :

La mise en œuvre des opérations militaires sera rendue difficile par une pluie incessante qui transforme le champ de bataille en bourbier.

Notre récit couvre le mois de septembre, période où va intervenir le 33ème Régiment d’Infanterie.

Le secteur où interviendra le 33ème est situé entre Combles et le Bois de l’Hôpital du 06 au 28 septembre 1916 (cartes 4 et 5).

*

Les Britanniques voulaient marquer une pause après les pertes épouvantables subies depuis juillet 1916.

Les Français n’étaient pas du même avis :

L’Annexe n°157 est très claire,

1°) L’Etat-Major français veut profiter de l’état de désorganisation matérielle et morale dans laquelle se trouve l’ennemi et dont ne permettent de douter ni les déclarations des prisonniers ni l’ensemble des renseignements recueillis par le 2ème Bureau de l’Armée.

2°) Il est évident qu’il ne faut pas laisser le temps à l’ennemi de construire de nouvelles lignes en arrière, sans quoi ce sera toujours à recommencer.

3°) Du Bois d’Anderlu à la Somme, nous pouvons nous établir à bonne distance d’assaut, de 500 à 300 mètres. Il n’y a pas d’obstacle entre notre tranchée de départ et la ligne ennemie.

4°) Que presque partout, le terrain va en montant, c’est-à-dire que l’artillerie pourra suivre l’infanterie à vue.

L’Etat-major compte sur le fait que le front est divisé en couloirs par un certain nombre de bois qui facilitent la progression (voir carte 4).

Bois d’Anderlu – Bois de l’Hôpital – Bois Gigot – Bois Marrières – Bois Aiguille – Bois Reinette et Bois Madame.

L’assaut doit être préparé minutieusement par un tir d’artillerie afin de détruire les réseaux ennemis.

Source : Annexe n°157, Instruction personnelle et secrète n°1327 Etat-Major de la VIème Armée Tome IV, 3ème Volume. Annexes-Volume 1. Page 243 ) Les armées françaises dans la Grande guerre. 1935 gallica.bnf.fr.

secteur de Combles – Cléry – Rancourt - Bouchavesnes – Allaines fin juillet 1916

Carte n° 4 : Le secteur de Combles – Cléry – Rancourt – Bouchavesnes – Allaines fin juillet 1916.

Le détail des opérations de début septembre :

La journée du 2 septembre bénéficie d’une visibilité parfaite. Le travail de l’artillerie a pu se terminer dans d’excellentes conditions. L’impression générale est bonne, le moral excellent.

Les unités engagées doivent partir à l’attaque, droit devant elles, sans chercher à se régler les unes sur les autres.

Les opérations démarrent le 3 septembre sous le commandement du 7ème C.A du Général de Bazelaire.

Les opérations sont menées conjointement par les 1er et 7ème Corps d’Armée.

La direction générale de l’offensive du 1er C. A est Rancourt.

Celle du 7ème C. A, Bouchavesnes et la ferme du Bois Labé (voir carte 4).

Le 03 septembre 1916 :

Le 3 septembre, il fait beau, mais le temps est gris.

Depuis l’aube, les troupes sont en place.

La matinée est consacrée à l’achèvement de la préparation.

On est optimiste, les derniers tirs de destruction, bien conduits, paraissent avoir donné des résultats satisfaisants. L’artillerie ennemie qui graduellement a ralenti son feu, cesse peu à peu de tirer.

A midi, les troupes d’attaque partent « avec entrain et une cohésion admirable ! »

Le 1er C.A dépassant les tranchées Savenarke, Brody, Caucase, occupe le Bois Louage, la croupe du sud de Combles et s’empare du village de Forest (moins l’ilot Est).
Le soir, de tous les objectifs à atteindre, seule la tranchée de Sivas reste aux mains de l’ennemi.

Le 7ème C.A, lui a progressé, surtout à droite très rapidement.

A 12h50, il occupe partiellement Cléry. Le village sera pris presque en entier le soir venu.

Les tranchées de Terline et Fryatt sont aux mains des Français.

Vers la gauche, les éléments de la 41ème D.I, chargés de manœuvrer par la Région du Bois du Ravin, sont arrêtés par des tirs de mitrailleuses. Elle réalise néanmoins l’enveloppement définitif des défenseurs des talus du fond du ravin. Ci-dessous, croquis des attaques engagées le 03 septembre 1916.

croquis des attaques engagées le 03 septembre 1916

Le communiqué en fin de journée déclare :

  • Cette première journée de bataille est heureuse pour nos troupes. Près de 2000 Allemands sont faits prisonniers, une douzaine de canons pris dans la région de Forest. A part la tranchée Sivas, tous les objectifs ont été atteints.
  • L’attaque sera reprise le lendemain, dès que la visibilité permettra la coopération sûre de l’artillerie.

Les troupes, pleines de confiance, sont prêtes à reprendre la lutte !

La direction générale de l’offensive du 1er C. A reste toujours Rancourt, celle du 7ème C. A, Bouchavesnes et la ferme du Bois Labé (voir carte 4).

Secteurs d’attaque des 1er et 7ème C.A du 03 septembre 1916

Carte 5 : Secteurs d’attaque des 1er et 7ème C.A du 03 septembre 1916

Le 4 septembre 1916 :

La nuit se passe dans un calme relatif. Quelques contre-attaques allemandes sur les tranchées de Mossoul et Terline sont repoussées.

Les unités sont remises en ordre. Les ravitaillements poussés en première ligne.

L’artillerie déplace vers l’avant ses unités les plus éloignées.

Les objectifs sont à nouveau définis :

  • Les objectifs à atteindre tout d’abord sont : Ier C. A., le bois d’Anderlu et la ferme de l’Hôpital (voir carte 6)
  • Le 7e C. A., la croupe des Observatoires et la croupe 109 au sud du bois Madame (voir carte 6)
Secteur des attaques françaises du 04 septembre 1916

Carte n° 6 : Le secteur des attaques françaises du 04 septembre 1916.

La journée se lève sous un ciel bas et triste.

Le 1er C .A partira à 13 heures, le 7ème dès l’aube.

Après une courte préparation d’artillerie, la 46ème D.I s’empare de la tranchée de Sivas.

Cet avantage permettra à l’attaque de l’après-midi de disposer d’une base solide et bien définie.

A 13 heures, la progression reprend partout.

Au 1er C.A, les troupes sont bloquées à gauche par de violentes contre-attaques sur l’extrémité Nord de la tranchée de Savernake.

Des combats de grenades se poursuivent toute la journée dans ce secteur.

Nos troupes font face au nord, le long de la lisière sud des bois Maurepas et Savernake.

A droite, la 46ème D.I enlève la ferme de l’Hôpital.

L’attaque sur le bois d’Anderlu échoue. Une seconde effectuée à 18h45 est repoussée par les mitrailleuses ennemies qui se sont révélées au dernier moment.

Au 7ème C.A, les positions de la veille n’évoluent pas.

Au soir du 4, les résultats sont jugés médiocres. Ordre est donné de s’organiser sur les positions occupées sans abandonner les objectifs définis.

Soit : la Ferme de l’Hôpital et la croupe 109. Mission prescrite à la 46ème D.I.

Dans la nuit du 04 au 05 n’amène pas de forte réaction de l’ennemi.

L’Etat-Major insiste beaucoup dans la définition des objectifs et dans la possession de la ferme de l’Hôpital. Les raisons se retrouvent dans l’annexe 84 reproduite ci-dessous et où l’on pointe les retards dans le positionnement de l’Artillerie du 7ème C.A.

Annexe n°84 – P.C.A du 04 septembre 1916 – Etat-Major de la VIème Armée

L’artillerie du 7ème C.A n’ayant pu bouger de ses positions initiales, l’infanterie n’étant pas appuyée dans son avance, les troupes ne peuvent atteindre les objectifs initiaux (La ligne Rancourt – Bouchavennes).

« On ne peut admettre que la possession par l’ennemi de la ferme de l’hôpital paralyse toute l’artillerie du 7ème C.A. »

« Une telle manière d’agir est contraire à tous les ordres et instructions que n’a cessé de donner le commandant de l’armée. Elle compromet le succès des actions à venir.

Le Général commandant l’armée prescrit, de la manière la plus formelle, que toutes les batteries du 7ème C.A, qui ne se trouveraient pas dans les conditions prévues par sa note n°7372/3 du 27 août 19161 soient portées en avant et dans le plus bref délai.

Le Général commandant le 7ème C.A rendre compte de l’exécution de cet ordre. »

Signé Fayolle (commandant en Chef de la VIème Armée)

1 Note du S.H. – Non publiée –

Cette note rappelle les distances au-delà desquelles L’artillerie n’a plus d’effet utile :

  • 4500 mètres pour l’A.C. (artillerie de corps)
  • 5000 mètres pour le 155 Court et le 220
  • 10000 mètres pour le 155 Long

Dans ces conditions, elle insiste pour que les canons de campagne et les canons lourds courts soient placés de manière à pouvoir battre tout au moins les premiers objectifs de l’attaque et que les contre-batteries puissent prendre sous leur feu les batteries ennemies les plus éloignées, c’est-à-dire les groupements d’Alaines – Bouchavesnes – Rancourt.

En outre, Le Général Fayolle montre qu’il y a le plus grand intérêt à hâter la construction des emplacements à occuper dès que l’infanterie aura dépassé la ligne : Bois Sanenarke – Le Forest – Cléry.

Les opérations sont menées conjointement par les 1er et 7ème Corps d’Armée.

En haut lieu, rapidement, on constate que les troupes déjà engagées sont fortement éprouvées, les 1ère et 2ème brigades de la 1ère Division.

Elles seront remplacées par les troupes de la 2ème Division soit les 3ème et 4ème Brigades.
La 3ème Brigade étant celle du 33ème R.I.

Les déplacements se feront dans la nuit du 05 au 06.

Les généraux commandant les 1re et 2e brigades régleront, après entente avec le général commandant la 3e brigade, toutes les dispositions de détail relatives à la relève.

Nuit du 5 au 6. — Relève des bataillons de 1ère ligne et des Etats-Major de Régiment réglée par le général commandant la 1″ brigade. Des reconnaissances nécessaires pour le bon déroulement des opérations sont effectuées dans la matinée du 5 septembre.

Les éléments étrangers à la 1re D. I. qui étaient à sa disposition ne seront pas relevés et passeront sous le commandement de la 2 e D. I.

Le général commandant le 1″ C. A., Signé : GUILLAUMAT.

Identifiants cartes :
http://gallica.bnf.fr ark:/12148/btv1b53067309n
http://gallica.bnf.fr ark:/12148/btv1b53067309n
http://gallica.bnf.fr ark:/12148/btv1b53067304d
http://gallica.bnf.fr ark:/12148/btv1b53067314t

*

Le rôle du 33ème Régiment d’Infanterie

Le 04 septembre, par ordre du 1er C.A, on informe la 3ème brigade d’organiser la relève de la 1ère Brigade.

Les éléments mis à la disposition d’autres unités repassent sous les ordres du Général de Brigade.

Le 1er septembre, la 2ème compagnie du 33ème avait été mise à la disposition du Général Commandant le Génie de l’Armée pour la réfection des routes du secteur Suzanne – Maricourt.

Le 2ème Bataillon du Capitaine Ducamp avait été mis à la disposition du Général commandant la 46ème D.I début septembre.

04 septembre 1916 :

Le Régiment fait mouvement avant de monter à nouveau au front.

Cette première étape les mène d’abord aux emplacements suivants :

L’Etat-Major, la 1ère compagnie de mitrailleuses, les T.C et T.R, la 3ème compagnie du 1er Bataillon vont à Ville-en-Tardennois.

Le 2ème Bataillon s’installe dans les abris Est, le 3ème Bataillon dans les abris Ouest de La Ville-en-Tardennois.

Les 1ère, 2ème compagnies et l’Etat-Major du 1er Bataillon dans le camp baraqué de Sarcy.

(Villes situées à 10 km à l’ouest de Reims)

04 septembre 1916 :

Le Régiment reçoit l’ordre de relever le 43ème R.I. (carte 5).

  • Le 1er Bataillon du 43ème se trouve alors un peu à l’ouest du secteur Combles – Le Forest.
  • Le 2ème Bataillon est mis à disposition et désigné comme réserve de Division. Il s’installera dans la tranchée de la Pestilence à 1km de Maurepas.
  • Le 3ème Bataillon ira relever le 1er Bataillon du 43ème en 1ère ligne.
  • Le 1er Bataillon bivouaquera près du carrefour du Fond, à 1km au sud de Hardecourt.
  • L’Etat-Major aux abris de Maricourt (carte 3).
Zone de relève du 1er Bataillon du 43ème R.I par le 3ème Bataillon du 33ème face au Bois d’Anderlu

Carte 7 : Zone de relève du 1er Bataillon du 43ème R.I par le 3ème Bataillon du 33ème face au Bois d’Anderlu.

Le 05 septembre 1916

Le jour se lève sous un brouillard épais, défavorable à l’artillerie mais favorable à l’infanterie dont il masque les mouvements.

Les troupes françaises progressent dans la tranchée Savernake et établissent la liaison avec les Britanniques.

Dans l’après-midi, le ciel se dégage et la troupe reprend sa progression par la droite.

Des patrouilles arrivent à la maison isolée au sud de Combles, d’autres s’approchent des lisières Nord-Ouest du bois d’Anderlu, mais le feu nourri des mitrailleuses ennemies interdit de ce côté toute tentative d’attaque tant que l’artillerie n’aura pas écrasé le bois par des obus.

Plus au Nord, en début de journée, la 46ème s’élançant de la ferme de l’Hôpital se voit stoppée à 300mètres de la tranchée Greiz par un fort tir de mitrailleuses.

L’opération devait se faire avec un bataillon du 73ème sous le commandement du Général Duplessis.

Le mouvement ne peut se faire.

Localisation de la maison isolée au sud de Combes

Localisation de la maison isolée au sud de Combes

Les actions du 33ème le 05 septembre :

Le Colonel installe son P.C à la butte de Maurepas.

Le 3ème Bataillon va relever le 1er bataillon du 43ème qui est complètement épuisé (Voir carte 7).

La relève qui se fait de nuit, est pénible en raison de l’obscurité profonde et du bombardement incessant. De plus, dans la soirée du 04, un orage intense a gorgé d’eau le sol et a retardé le mouvement en avant des pièces d’artillerie. Le sol s’est transformé en véritable cloaque.

La relève se termine à 4heures du matin.

*

Le 3ème bataillon reçoit l’ordre de franchir, ce 05 septembre, la ligne face au Nord-Est de manière à s’emparer de la ligne Combles-Ferme Le Priez (voir haut de la carte 6).

Mais à 13h30, les ordres sont suspendus en cours d’exécution par les événements suivants :

A 13h30, le Général Duplessis qui s’est transporté dans la matinée au P.C de la 1ère Brigade du Général Rauscher, près de Maurepas, reçoit l’ordre du général commandant la 2ème Division de changer les opérations prévues.

Des renseignements obtenus auprès d’officiers Allemands prisonniers indiquent que l’ennemi pourrait se retirer vers le Nord et le Nord-Est.

Les Bataillons destinés à la relève vont immédiatement se porter à l’avant et franchir notre ligne au Nord-Est avec comme objectif pour le 33ème (en 8960) La Ferme du Priez (voir carte 8).

Cet ordre verbal qui donne lieu à l’ordre d’opération de 15h40 est complété par une note du Général prescrivant l’envoi de patrouilles à 16h38.

A 17h30, les observations indiquent que l’ennemi semble avoir vraiment évacué les positions qu’il a organisées sur la ligne : Bois Madame – Bois d’Anderlu – Combles et Tranchée de Combles (Voir carte 8).

La 3ème Brigade est alertée. L’Etat-Major veut profiter de cette inattendue opportunité.

Les Bataillons destinés à la relève 1er et 2ème du 73ème R.I.

Les Bataillons en 1ère ligne 1er et 2ème du 33ème, effectueront « un bond en avant » avec la Ferme Le Priez comme objectif (8960).

Les 1ère et 2ème Brigades se retrouvent ainsi en arrière et servent de troupes de soutien.

A 18h30, les reconnaissances précisent le dispositif d’attaque du 2ème Bataillon Ducamp qui doit franchir la 1ère ligne.

Ils démarrent pour s’emparer de la ligne Combles – Le Priez, mais sont bientôt arrêtés par de violents tirs de mitrailleuses partant de la partie sud de Combles et de la lisière Nord-Ouest du Bois d’Anderlu.

L’ordre est inexécutable, les Allemands n’avaient jamais songé à abandonner leurs positions !

Les indices recueillis étaient erronés !! Les hommes sont bloqués et se protègent en profitant au mieux des possibilités offertes par le relief alors qu’une pluie diluvienne inonde le sol.

Les bataillons s’accrochent au terrain à peu de distance de la première ligne en subissant toute la soirée des bombardements d’une rare violence qui leur fait subir de lourdes pertes.

Les Bois de l’Hôpital et d’Anderlu restent occupés par les forces allemandes.

Contraintes de céder du terrain, les unités du 33ème viennent s’installer entre la ferme et le Bois de l’Hôpital en liaison avec les unités voisines.

Le 33ème aura 7 tués et 17 blessés.

Le 2ème Bataillon du 73ème engagé aux côtés du 33ème subira des pertes encore plus fortes avec 38 tués et 91 blessés.

Limite virtuelle entre les positions allemandes et françaises le 05 septembre 1916

Carte 8 : Limite virtuelle entre les positions allemandes et françaises le 05 septembre 1916

Le Général Guignabaudet, commandant le 1er C.A transmet les informations du déroulement des opérations de la journée et les conclusions qu’il en tire.

Les reconnaissances renforcées envoyées le soir sur le bois de l’Hôpital, le bois d’Anderlu et le plateau de Combles ont parfaitement rempli leur mission en ce sens qu’elles ont reconnu qu’en ces points la ligne ennemie était fortement tenue et bien organisée.

Ces reconnaissances ont été accueillies par des feux nourris d’infanterie et de mitrailleuses et par de violents tirs de barrage. Une de ces reconnaissances a néanmoins pu prendre pied dans le bois d’Anderlu et s’y maintient encore.

Actuellement, nos premières lignes sont fortement bombardées. Quelques unités subissent des pertes sérieuses. Il parait absolument indispensable de reprendre contre la première ligne ennemie une préparation d’artillerie complète.

En résumé, il semble que nous nous trouvions devant une ligne que l’on ne prendra, comme les précédentes, que par une opération d’ensemble, méthodiquement montée.

Il y a lieu de s’y consacrer sans s’user dans des actions de détail qui nous occasionneraient des pertes inutiles. Il faut compter au moins 4 jours pour cela et encore s’il fait beau.

GUILLAUMAT

L’arrêt prématuré de cette offensive permet le retrait du reste des unités de la 1ère Brigade.

Dans la nuit du 05 au 06, l’E.M du 33ème remplace l’E.M du 43ème les Bataillons du 33ème relèvent ceux du 43ème.

A minuit, les 33ème et 73ème R.I restent seuls sur le secteur. Les unités remplacées vont se reconstituer à la Ferme Bonfray.

Dans la soirée à 20h35, suite aux constatations, le Général Duplessis prescrit aux Bataillons d’attaque :

« Qu’ils se terreront sur les emplacements qu’ils n’auront pu dépasser et laisseront à garder le front par 2 compagnies. »

Front que viendront aussi occuper les Bataillons Cottard du 33ème et Larbey du 73ème.

Après compte-rendu adressé au Général Duplessis, celui-ci donne l’ordre de porter le 2ème Bataillon Ducamp en avant et « en rampant si il le faut ».

Le 3ème Bataillon Leclère en 1ère ligne depuis la veille fournira les troupes de soutien.

Le mouvement s’effectue dans la nuit.

Le 1er Bataillon du Capitaine Cottard, porte 2 compagnies à hauteur du 2ème Bataillon du Capitaine Ducamp.

En outre, Le Capitaine Leroy qui commande la 5ème compagnie est évacué. Il est remplacé par le sous-lieutenant Derville.

Monsieur le médecin aide-major Desbouillon venant du 43ème R.I. est affecté au 3ème Bataillon du régiment.

La 1ère Phase de l’attaque de l’Armée Fayolle peut être considérée comme virtuellement close.

On se flatte d’avoir fait prisonniers près de 2000 Allemands !

Les pertes françaises sont lourdes. On parle de 1200 morts et plus de 4000 blessés !

*

Le 06 septembre 1916,

Les opérations dans le secteur vont se poursuivre, c’est la 2ème phase de l’Attaque Fayolle qui s’effectue après les nombreuses relèves effectuées partout sur le front.

Le temps remis au beau, propice à l’observation, permet de faire les réglages d’artillerie dans de bonnes conditions.

La matinée du 6 est consacrée à l’aménagement de la ligne atteinte parle 7ème C.A et à la préparation par l’artillerie de l’opération destinée à porter le 1ère C.A sur la ligne :

Lisière Nord du Bois Louage – Maison isolée au sud de Combles – route de Combles – Ferme de l’Hôpital.

L’ordre général n°70 du 1er C.A précise les missions de la 2ème Division :

La 3ème Brigade de se porter au sud de la tranchée de Combles en liaison avec les Anglais à gauche et avec la 43ème D.I à droite.

Le Général Duplessis donne l’ordre au 33ème d’attaquer à droite de la ligne Maurepas – Frigicourt (le 73ème à droite). Le 33ème a pour mission spéciale de s’emparer de la corne nord du Bois d’Anderlu.

Le Lieutenant- Colonel Partiot du 33ème prend le commandement du secteur à 8 heures. Ordre est donné de s’installer fortement sur les lignes occupées.

L’attaque est prévue pour 17 heures. Elle part à l’heure fixée mais de violents tirs de barrage et de feux nourris de mitrailleuses notamment de la corne Nord-Ouest du Bois d’Anderlu et de la tranchée de l’Hôpital, enrayent toutes les tentatives de la 2ème D.I.

L’analyse de l’échec est faite :

L’attaque a échoué, faute à un défaut de préparation d’Artillerie qui a laissé les mitrailleuses ennemies en fonction.

L’ennemi lui, avait exécuté toute la journée un tir violent d’artillerie sur les premières et secondes lignes qui tend à confirmer l’impression que de son côté, il préparait une attaque contre nos nouvelles positions confirmé par un officier allemand fait prisonnier.

En outre, les éléments voisins n’appuient pas le mouvement.

A 21h30, l’ordre est donné de suspendre les attaques et de s’installer solidement sur les positions et d’éviter les pertes.

Le soir, des reconnaissances ont constaté que les bois d’Anderlu et de l’Hôpital sont fortement tenus. Une reconnaissance a pu pénétrer dans le bois d’Anderlu et s’y maintenir pendant la nuit. Au jour, constatant que l’ennemi est en forces dans ce bois, elle est rentrée dans nos lignes.

Les unités de la 45ème D.I subissent aussi les feux de l’ennemi.

« Nos éléments sont rejetés partout dans leurs tranchées de départ » admet l’Etat-Major. C’est l’échec.

Le 1er C.A ne pouvant pas continuer à s’user dans des rectifications de ligne aussi meurtrières.

Il est décidé que le Bois d’Anderlu et la route de Combles à la ferme de l’Hôpital resteront dans les lignes allemandes jusqu’à la reprise de l’offensive.

Pertes :

  • Le sous-lieutenant Naud de la 10ème compagnie est mortellement blessé
  • Le Capitaine Gerbier, commandant la 10ème compagnie est blessé
  • Le sous-lieutenant Pailler  est blessé
  • Le Capitaine Givelot , commandant la 7ème compagnie est blessé
  • Le sous-lieutenant Casselbiel prend le commandement de la 10ème compagnie
  • Le Lieutenant Guillard prend le commandement de la 7ème compagnie

Le 07 septembre 1916,

Dans la nuit, le régiment resserre son front vers le sud en abandonnant 200 mètres de tranchées au 73ème. Il va être relevé.

« Le 7 septembre, nous avons à repousser une contre-attaque ennemie, forte d’environ deux compagnies. Prise sous le feu de nos armes automatiques, elle est dispersée avant d’avoir atteint nos lignes. » Note-t-on dans le Journal de Marche.

Le Bataillon de Gauche du 33ème est relevé par un Bataillon du 73ème.

Le Mouvement est exécuté la nuit. Les troupes du 33ème restent en soutien en 2ème ligne (Voir carte 9 et les positions des différents régiments du 1er C.A qui se relaient régulièrement en 1ère ligne).

L’ennemi continue à faire preuve d’une grande activité toute la journée par un bombardement intensif et systématique.

Le lieutenant Bachmann de la 11ème compagnie est évacué pour maladie.

Le Régiment élargit son front vers le Nord en reprenant environ 100 mètres de tranchée au 73ème.

Le 08 septembre 1916 :

  • Le Capitaine Laboria commandant la 4ème compagnie au prend le commandement de la 7ème compagnie
  • Le Lieutenant Fouet commandant la 8ème compagnie au prend le commandement de la 10ème compagnie
  • Le sous-lieutenant Hérard de la 2ème compagnie de mitrailleuses est blessé
  • Le sous-lieutenant Pélissier de la 2ème compagnie de mitrailleuses est blessé

Par l’Instruction personnelle et secrète n° 1332, il est décidé de reprendre et développer l’action offensive de la VIème armée.

Les consignes sont données :

Dans la prochaine opération, les objectifs à atteindre sont toujours les mêmes :

  • 1er C. A., Rancourt
  • 70ème C. A., Bouchavesnes
  • 33ème C. A., Mont-St-Quentin.

« Les généraux commandant les D. I. devront conduire le combat méthodiquement, en faisant tomber les résistances et les points forts de l’ennemi plus par la manœuvre que par des coups de force directs.

Il est essentiel que la liaison entre infanterie et artillerie reste intime, du commencement à la fin. et que toujours l’action de cette dernière précède la progression des troupes. »

Le but de cette attaque, en ce qui concerne l’armée, est de porter notre front sur la ligne Rancourt, Bouchavesnes, ferme du Bois Labé (voir carte 4).

Le Ier C. A. :

Se couvrant vers Combles par ses éléments de gauche en échelons axés sur la route Maurepas, Frégicourt, attaquera avec le reste de ses troupes dans la direction générale de Rancourt en vue d’atteindre la route Combles, le Priez, Rancourt et la route de Béthune à Château-Thierry.

2ème D. I :

  • 1er objectif : bois d’Anderlu, tranchée de l’Hôpital, entre 647 a et 6117, la ligne 8765, maisonnette au sud de Combles, 8163
  • 2ème objectif : route de Rancourt à Combles depuis le cimetière de Rancourt (exclu) jusqu’à la ferme du Priez (incluse)
  • 3ème objectif : chemin du cimetière de Rancourt à la batterie 0066 et boyau courant de l’est à l’ouest 4oo mètres au nord de la ferme le Priez

La préparation d’artillerie déjà commencée sera poursuivie avec la plus grande activité, en suivant un plan d’action étudié minutieusement, en tenant compte de la force relative des différentes parties de la ligne ennemie.

L’artillerie à la disposition des généraux de division s’attachera à la destruction des tranchées par un tir systématique et continu. Des coupures, de 3o mètres en 3o mètres, seront faites dans les réseaux de fils de fer. Le résultat du tir sera constamment contrôlé par la photographie.

La lutte contre l’artillerie ennemie sera continue et menée avec toute l’intensité possible. On harcèlera en outre l’ennemi en bombardant ses ravitaillements et ses bivouacs.

Exécution de l’attaque

Infanterie

L’attaque aura lieu, sans signal de clairon et sans fusées, à l’heure précise. Les montres seront réglées avec le plus grand soin.

Attaque le 9 dans l’après-midi et le 10 à 8 heures.

Chaque unité devra connaître d’une manière précise la mission exacte et bien déterminée qu’elle devra remplir.

Des troupes du génie participeront à l’attaque; le transport des outils nécessaires à une organisation rapide devra être largement assuré.

Certaines unités étant destinées à traverser plusieurs lignes ennemies, il est essentiel que, pour nettoyer chaque tranchée, on désigne des fractions constituées spéciales qui marcheront en arrière de la ligne de combat. Ces fractions, pourvues de mitrailleuses, assureront en outre la garnison des tranchées franchies par les vagues d’attaque, de manière qu’en arrière de celles-ci il y ait toujours deux lignes de tranchées prêtes à arrêter l’ennemi en cas de contre-attaque heureuse de sa part.

Les canons de 37 seront répartis entre les différentes unités de première ligne, de manière à ce que toute mitrailleuse se dévoilant sur un point quelconque de la ligne puisse être immédiatement contrebattue.

Une fois commencée, la bataille ne s’arrêtera pas et sera poursuivie avec la dernière énergie jusqu’à l’enlèvement complet de la position ennemie.

Les réserves de brigades et de D. I. devront être placées à distance d’emploi et être poussées en avant au fur et à mesure de la progression de la première ligne, de manière à pouvoir assurer la continuité de l’effort.

Toute troupe engagée devra pousser en avant aussi loin que possible. Ce n’est que quand la première ligne, malgré les renforts reçus, ne pourra plus avancer, qu’elle s’organisera sur le terrain conquis en vue d’y créer une base de départ pour une nouvelle attaque.

Artillerie

Le tir de l’artillerie, pendant l’attaque, devra être réglé de manière à précéder la marche de l’infanterie d’aussi près que possible sans toutefois la ralentir.
C’est un élément essentiel du succès des attaques.

La liaison entre l’infanterie et l’artillerie chargée de l’appuyer directement devra être l’objet d’une attention particulière et assurée simultanément par tous les moyens réglementaires.

Le front sera jalonné par des feux Ruggieri et des panneaux :

  1. quand certaines lignes bien définies, fixées d’avance, seront atteintes
  2. à des heures déterminées

Les généraux de division donneront des ordres en conséquence.

Organisation du terrain conquis

Pour protéger les troupes d’attaque pendant l’organisation du terrain conquis, l’artillerie de C. A. continuera à contrebattre les batteries ennemies avec le maximum d’intensité pendant toute la soirée du 10 et la nuit du 10 au 11.

Les déplacements d’artillerie nécessaires pour préparer, dans de bonnes conditions, la poursuite de l’offensive au-delà des premiers objectifs fixés par le présent ordre, devront être prévus, maintenant, pour pouvoir être exécutés le plus tôt possible » après la réussite de l’attaque.

Postes de commandement

Général cdt le 1er C. A. : Maricourt.

Général cdt l’art, du 1er C. A. : route de Maricourt à Suzanne à 5oo m. S. de Maricourt.

Général cdt la 2e D. I. : carrefour du fond (5oo m. S. E. d’Hardecourt).

Général cdt la 45e D. I. : point 4i8 (tranchée des Cloportes).

Le déplacement vers l’avant des P. C. des brigades et D. I. sera préparé dès maintenant et réalisé au fur et à mesure des progrès de la première ligne.
Le général commandant le 1″ C. A. Signé : GUILLAUMAT.

*

Disposition du 1er Corps d’Armée le 09 septembre 1916

Carte 9 : Disposition du 1er Corps d’Armée le 09 septembre 1916.

Le rôle du 33ème à partir du 09 septembre

Par ordre n°45 du Général Commandant la 2ème D.I, le 1er Bataillon porte 2 compagnies en 1ère ligne et l’une reste en soutien.

Le 09 septembre 1916 :

La liaison avec l’armée britannique est établie. La séparation est marquée par la sortie N.E de Maurepas. Toute la journée on assiste à une vive lutte d’artillerie comme avant chaque attaque. L’effet de surprise semble bien illusoire.

Les Allemands s’acharnent sur le Bois Louage et notre artillerie sur le Bois d’Anderlu.

Le 33ème commence à se déployer en vue de l’attaque

  • Le 1er Bataillon étend son front de 50 mètres environ vers le Sud-Est de façon que sa droite soit appuyée sur une ligne réunissant la pièce Nord de 8249 à la pièce Nord de 8592
  • Le 2ème Bataillon est en réserve dans les tranchées Brody et du Caucase. Voir cartes 9 et 10
secteur d’attaques du 09 septembre 1916

Carte 10 : Le secteur d’attaques du 09 septembre 1916

L’Etat-Major avait fixé 3 objectifs pour la journée du 10 :

Pour le 33ème : enlever le Bois d’Anderlu et la Ferme du Priez. Établir la ligne au cimetière de Rancouvre (ligne 677).

Mais l’échange d’artillerie empêche tout mouvement. En fin de journée, l’attaque est ajournée.

  • Le Lieutenant Delebarre prend le commandement de la 3ème compagnie
  • Le Sous-Lieutenant Debret de la 7ème compagnie prend le commandement du peloton de canons de 37
  • Le Sous-Lieutenant Habourdin de la 8ème compagnie est blessé
  • Le Capitaine Répessé de la 3ème compagnie est blessé

L’état de fatigue des soldats du 33ème et du 73ème R.I constamment sous le feu de l’ennemi dans un terrain boueux et défoncé ont amoindri les chances de réussite.

La cause principale de l’ajournement de l’attaque réside surtout dans les observations que l’on retrouve dans le rapport du Général Fayolle.

Annexe n° 251 – VIème ARMÉE – ÉTAT-MAJOR – 3″ BUREAU – N° 7505/3 – P. C. A., le 9 septembre 1916.

Le général de division Fayolle, commandant la VIe armée, à M. le général commandant le groupe d’armées du Nord.

L’examen des photos prises hier soir (8 septembre) montre que les destructions étaient très avancées sur le front des 33° et 7e C. A. ; nulles au contraire sur le front du 1er C.A.

De ce côté les tranchées sont intactes ainsi que les réseaux qui les couvrent.

Le 1er C. A. explique ce retard par l’extrême difficulté qu’il a eue à déplacer ses batteries et à amener des munitions à pied d’oeuvre, en raison de l’absence de chemins praticables dans ce terrain bouleversé.

Quoi qu’il en soit, en tenant compte de la très médiocre visibilité d’aujourd’hui (ballons et avions n’avaient pas encore pris l’air à 14 heures), je considère que le 1er C. A. ne sera pas en état d’attaquer avant le 12. C’est également l’avis du général Guillaumat.

La situation est donc la suivante : 33e et 7e C. A. pourraient attaquer demain 10 ; le 1er C. A. ne le pourra pas avant le 12.

Y a-t-il lieu de faire deux attaques séparées et successives?

Je ne le crois pas, pour les raisons suivantes : Ces deux attaques distinctes auraient tous les inconvénients des demi-mesures. Les actions d’ensemble, seules, réussissent. La région boisée Gigot, Aiguille, Marrières, Madame est à manœuvrer par le N. et par le S., c’est-à-dire par une action combinée des 1er et 7e C. A.

Dans tous les cas, il faut que le 7e C. A. soit couvert sur sa gauche.

Enfin et surtout, il n’est possible d’enlever la position Rancourt, Bouchavesnes que si les deux corps attaquent ensemble.

En conséquence mon opinion est que l’attaque doit être différée jusqu’au 12.

En fin de journée, l’attaque sera retardée de 48 heures.

Le 10 septembre 1916 :

Les soldats du 33 apprennent que l’attaque qui devait avoir lieu ce jour est retardée de 48 heures. Le régiment apprend qu’il sera relevé dans la nuit du 10 au 11 par le 8ème R.I. Les mouvements s’effectueront à 3heures du matin.

  • Le 1er Bataillon va à Maurepas
  • Le 3ème aux abris du Bois neuf (à 800m au S.O de Maurepas)
  • Le 2ème à la tranchée du Fond

Ils occuperont la zone Hardecourt  – Maurepas – Tranchée des Fonds (voir carte 7).

http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb43707084n

Le 11 septembre 1916 :

  • Le sous-lieutenant Habourdin de la 8ème compagnie est blessé
  • Le Lieutenant-Colonel quitte le P.C. de Maurepas pour rejoindre celui du carrefour du Fond
  • Le sous-lieutenant Dupont de la 10ème compagnie passe à la 8ème

Le 12 septembre 1916 :

Conformément aux observations du 09, l’Etat-Major décide de reprendre l’offensive.

La bataille se poursuivra sans arrêt.

Les directives restent les mêmes : 1er C. A., objectifs immédiats : la croupe au S. de Combles, la ferme le Priez, Rancourt.

Direction générale : Sailly-Saillisel.

L’heure prévue pour l’attaque est 12 heures.

La mission de la 3ème Brigade est de servir de soutien de troupe de réserve.

Le Lieutenant-Colonel du 33ème revient s’installer à Maurepas avec le Colonel du 73ème.

Une attaque qui doit être faite par le 8ème R.I est décidée pour 12h30.

Le 33ème doit soutenir le 8ème  et doit suivre sa progression; il se trouve derrière celui-ci, les trois bataillons en colonne 1-3-2

Le 3ème Bataillon est 500 mètres en arrière du 1er.

Le 2ème Bataillon vers la tranchée de Maurepas.

Le 2ème Bataillon en réserve de Division.

Le 1er Bataillon qui est à la disposition du Colonel de Corn commandant la 4ème Brigade reçoit l’ordre de se trouver à l’Est de Maurepas à 12h30.

L’attaque du 8ème R.I ayant enlevé le Bois d’Anderlu oblige le 33ème à s’établir de suite avec un Bataillon, le 1er, dans le bois.

Les unités de ce Bataillon mises à disposition de la 4ème Brigade sont engagées en 1ère ligne dans la soirée.

2 compagnies du 1er Bataillon, les 1ère et 2ème sont mises à la disposition du Colonel commandant le 8ème et embarquées directement.

  • Le Capitaine Cottard commandant le 1er Bataillon est blessé
  • Le Capitaine-Adjudant-Major* Ricatte prend le commandement du Bataillon
  • Le Lieutenant Le Poul de la 1ère compagnie est tué
  • Les sous-lieutenants Brière (de la 10ème cie) et Beylard de la 2ème sont blessés

* Le capitaine adjudant-major apparaît au cours de l’année 1916, c’est l’adjoint du commandant du bataillon. Il le remplace quand celui-ci est en permission. C’est aussi un futur commandant qui se familiarise avec ce poste. Le capitaine adjudant major était une fonction et non un grade.

Compte rendu des événements survenus sur le front du 1er C. A. du 11 septembre (18 h.) au 12 septembre (18 h.).

L’attaque du 1er C.A. s’est déclenchée à l’heure prescrite dans les deux D. I.

La 2e D. I. s’empare d’un seul bond des anciens emplacements de batteries au sud de Combles et de tout le bois d’Anderlu. Sa droite, seule, fut arrêtée devant la partie nord de la tranchée de l’Hôpital.

La 2 e D. I. se heurta à une violente résistance de l’ennemi qui, s’attendant vraisemblablement à une forte attaque sur Combles, avait accumulé de grosses forces et créé une organisation très solide sur la crête au sud de la localité et dans la région de la ferme le Priez.

Une nouvelle préparation d’artillerie fut entreprise sur les lignes ennemies et, ce soir, une nouvelle attaque devait être exécutée entre 18 et 19 heures.

D’après les renseignements reçus à 18 heures, le front du C. A. est jalonné par : 8262, 8763, 9062, 9160, 9158, 9257, 9256, 9659, 0258, 0658, 1154, 1253, 1252.

Le nombre des prisonniers connu à cette heure est d’environ 500.

La position ennemie a été enlevée de bout en bout et dépassée sur tout le front.

Le 1er C. A. fait face à la ligne Combles, ferme le Priez, Rancourt.

AUMAT.

Le régiment reçoit un nouveau renfort le 17ème :

52 gradés et hommes provenant du P.D.D* (Petit Dépôt Divisionnire).

*En juin 1916, les régiments sont réorganisés avec la création des compagnies de mitrailleuses et la constitution des Dépôts Divisionnaires d’Infanterie.

1° Le bataillon, actuellement à 4 Compagnies, comprendra désormais 3 Compagnies ordinaires et 1 Compagnie de Mitrailleuses à 4 sections (à l’exclusion des bataillons territoriaux).

2° La Division d’Infanterie comprendra un Dépôt divisionnaire comptant, en principe, autant de compagnies que la Division compte de bataillons (à l’exclusion des Bataillons territoriaux).

3° Dans le régiment, les Compagnies seront numérotées comme suit :

  • 1er Bataillon : 1ère Cie, 2ème Cie, 3ème Cie, 1ère Cie de Mitrailleuse
  • 2e Bataillon : 5ème Cie, 6ème Cie, 7ème Cie, 2ère Cie de Mitrailleuse
  • 3e Bataillon : 9ème Cie, 10ème Cie, 11ème Cie, 3ème Cie de Mitrailleuse

Dans le Dépôt Divisionnaire : 4ème Cie, 8ème Cie, 12ème Cie.

4° Le Dépôt Divisionnaire sera constitué par les 4èmes Compagnies des Bataillons de la Division. Il dépendra directement du général de division et suivra la Division dans tous ses déplacements. (JMO)

Les compagnies du dépôt divisionnaire (D.D.), étaient rattachées au C.I.D. (Centre d’instruction divisionnaire). Les C.I.D. étaient itinérants, en retrait de la ligne de front, et suivaient leur division. Ils étaient centres d’instruction en même temps qu’ils recevaient, en provenance des dépôts régimentaires, les contingents de renforts destinés au front.

Le dépôt régimentaire du 33ème R.I étant Cognac.

Le 13 septembre 1916 :

Les 33ème et 8ème R.I forment provisoirement la 4ème Brigade sous les ordres du Colonel de Corn.

Les 73ème et 110ème forment la 3ème Brigade sous le commandement du Général Duplessis.

secteur d’attaques du 09 septembre 1916

Carte 11 : Le secteur d’attaques du 09 septembre 1916

Par ordre du 13 septembre 4 heures, le général de Division prescrit que l’attaque continuera toute la journée elle sera menée par le Colonel de Corn à droite avec le 8ème et le 33ème R.I. en entier avec comme objectif la tranchée de l’Hôpital, la ferme Le Priez.

Le 1er Bataillon reçoit l’ordre de s’emparer et d’enlever les tranchées de l’Hôpital et du Trentin.

De se porter ensuite vers le Nord et de marcher sur la ferme Le Priez.

Le 3ème Bataillon est mis à la disposition du 8ème R.I et doit se porter au bois d’Anderlu pour en former la garnison.

Le 2ème Bataillon en réserve au chemin de la Chapelle de Maurepas est employé au ravitaillement en vivres et en munitions.

L’attaque de la 4ème Brigade vers la ferme Le Priez à 16 heures facilite l’avance du 110ème sur la droite.

Le 1e Bataillon enlève les tranchées de l’Hôpital et du Trentin, et relève sa ligne jusqu’à 300 mètres au sud de la Ferme Le Priez.

Le 3ème Bataillon se porte dans la tranchée de l’Hôpital et l’organise.

En fin de journée, le 1er Bataillon est face au Nord à 300 mètres sud de la Ferme du Priez et entre les tranchées de l’Hôpital et du Trentin.

Le 3ème Bataillon se trouve en arrière dans la tranchée de l’Hôpital.

P. C. A., le 13 septembre 1916, 21 h. 3o. – SECRET.

Ordre général d’opérations n° 1356.

I. — Le 1er C. A. a occupé en entier la tranchée de l’Hôpital et celle du Trentin ; il s’est avancé jusqu’à la route de Combles à Bouchavesnes. La ferme le Priez est étroitement investie.

Le 70 C. A. a repoussé une très forte attaque dirigée par deux régiments ennemis sur Bouchavesnes.

Il a perdu la ferme du Bois Labé, puis l’a reprise.

Sa droite est sur la croupe de l’Observatoire.

Positions en mi-septembre de la 3ème Brigade

carte 12 : Positions en mi-septembre de la 3ème Brigade

Officiers tués :

  • Le Sous-Lieutenant Volferre Oscar de la 3ème compagnie de mitrailleuses
  • Le Sous-Lieutenant Dupont de la 3ème compagnie

Officiers blessés :

  • Les Sous-Lieutenants Gody de la 3ème compagnie et Perrin de la 9ème
  • Le Lieutenant Delebarre de la 3ème compagnie

Compte rendu des événements survenus sur le front du 1er C. A. du 12 septembre (18 h.) au 13 septembre (18 h.).

La nuit dernière, organisation du terrain conquis. Pas de contre-attaque ennemie.

Les 2 Divisions d’Infanterie avaient l’ordre d’attaquer à 16 heures avec, comme objectifs : la 45ème D. I., Rancourt; la 2ème D. I., ferme le Priez.

A 16 heures l’attaque se déclenche.

La droite de la 2 e D. I. sort du bois d’Anderlu et se porte vers la partie nord de la tranchée de l’Hôpital ; mais des feux nourris de mitrailleuses l’obligent à s’arrêter.

Vers 17 heures 3o, grâce aux efforts combinés de la droite de la 2e D. I. et de la gauche de la 45e D. I., les tranchées de l’Hôpital et du Trentin sont conquises et leurs défenseurs se rendent.

Nos troupes progressent immédiatement de part et d’autre de la tranchée du Trentin vers la ferme le Priez dont elles ne tardent pas à occuper les abords.

La gauche de la 2e D. I., qui a devant elle une organisation extrêmement solide, se maintient dans ses positions.

Le nombre des prisonniers faits aujourd’hui serait de plusieurs centaines. Le chiffre exact n’en est pas encore connu.

GUILLAUMAT.

Le 14 septembre 1916 :

Les 3 bataillons du Régiment sont remis sous les ordres du Lieutenant-Colonel Partiot.

Le matin, l’Etat-Major du régiment quitte le P.C de Maurepas pour se rendre à la corne Sud-Est du bois d’Anderlu.

Une nouvelle attaque a été programmée à 17 heures :

  • Le 1er Bataillon reçoit l’ordre de s’emparer de la Ferme Le Priez. La 2ème compagnie (Capitaine Dolon) remplit cette mission.
  • Le 3ème Bataillon en liaison avec les zouaves à droite, fait une conversion vers le Nord s’empare de la route Rancourt-Le Priez, y creuse des tranchées sommaires et s’installe avec 2 compagnies (10 et 11) en première ligne. Une compagnie, la 9ème, reste en soutien.

La 2ème compagnie de mitrailleuses est mise à disposition du commandant du 3ème Bataillon.

La 6ème compagnie du Capitaine Demiautte est mise à la disposition du 1er Bataillon et occupe la tranchée du Trentin, à proximité de la 1ère ligne.

En fin de journée, la 2e compagnie, sous les ordres du Capitaine Dolon, enlève, dans un élan splendide, la ferme Le Priez. le 1er Bataillon et la 6ème compagnie se trouvent occupant les versants de la Ferme Le Priez.

Le 3ème Bataillon est établi sur la route Rancourt-Le Priez, le reste du 2ème Bataillon (7ème et 5ème) est installé dans la tranchée du Trentin.

A la tombée de la nuit, les troupes campent sur leurs positions avant de savoir quelles seront les décisions qui seront prises le lendemain.

Officiers blessés :

  • Le sous-lieutenant Joussard de la 11ème compagnie
  • Le sous-lieutenant Castelbielh de la 10ème compagnie

Le 15 septembre 1916 :

L’Etat-Major va réorganiser le secteur pour éviter l’épuisement des troupes qui essayent de progresser dans un secteur boueux.

Il est demandé au 33ème de sécuriser le secteur occupé depuis la veille.

La 6ème compagnie, sous l’énergique impulsion de son chef, le capitaine Demiautte, se porte en avant à 150 mètres au-delà de la ferme Le Priez et y creuse des tranchées face au Nord-Est.

La 2ème compagnie assure la liaison entre la 6ème compagnie et le 3ème Bataillon qui se trouve sur la route de Rancourt – Le Priez.

Le reste du régiment : sans changement.

Officiers tués : Le Lieutenant Fouet de la 10ème compagnie.

Le 16 septembre 1916 : Sans changement. Le 110ème R.I vient renforcer la 4ème Brigade.

Le 17 septembre 1916 : Sans changement.

Arrivée d’un renfort le 18ème de 174 gradés et hommes Provenant P.D.D*.

  • Le Capitaine Gensoul prend le Commandement de la 3ème compagnie qui était confiée à l’aspirant Bonningue  depuis le 13 septembre
  • Le Lieutenant Henno est affecté à la 3ème compagnie
  • Le Lieutenant Vinchon prend le commandement de la 10ème compagnie

Ces officiers viennent de Cognac.

Le 18 septembre 1916 :

Les unités de première ligne reçoivent l’ordre d’effectuer un mouvement qui aura pour but de les mettre face au Nord et de se rapprocher de la ligne du parallèle 55650.

  • La 6ème compagnie se redressera face au Nord en pivotant sur sa gauche et en faisant s’il est nécessaire, une légère avance dans la tranchée de Trieste.
  • La 2ème compagnie se portera si possible à hauteur de la 6ème cie.
  • La 11ème cie restera sur place de façon à former un échelon en arrière et à droite de la 2ème compagnie et s’établira face au Nord si elle n’y est déjà.
  • La 10ème compagnie qui se trouve sur la route de Combles restera sur place.
  • La compagnie de réserve se redressera face au Nord et devra s’appuyer vers la droite de son bataillon de manière à former échelon en arrière et à droite.
  • Le 2ème Bataillon devra avoir 2 compagnies face au Nord et l’autre rester dans la tranchée du Trentin.

Tous ces mouvements seront exécutés de nuit et sans incident.

Le Régiment n’aura pas le temps d’exécuter l’ensemble de ces mouvements car la décision de relever le 33ème par le 127ème va être transmise au Lieutenant-Colonel Partiot.

Officiers blessés :

  • Le Lieutenant Guillard de la 7ème compagnie
  • Le Lieutenant Salambre  de la 6ème compagnie

Le 19 septembre 1916 :

Le Colonel quitte le P.C du bois d’Anderlu et se porte au P.C de la tranchée du Trentin.

Le régiment est relevé par le 127ème R.I.

  • à 20 heures, le Bataillon de droite de 1ère ligne
  • à 22 heures, le Bataillon de gauche.

Le 20 septembre 1916 :

A 8 heures, le bataillon de réserve du régiment est relevé.

Le Régiment et l’E.M. viennent bivouaquer au Bois Billon. Il est en réserve du 1er Corps d’Armée.

  • Le Capitaine Leroy, rentré de convalescence reprend le commandement de la 5ème compagnie.
  • Le Chef de Bataillon Leclère, est évacué pour maladie. Il est remplacé au commandement du 3ème Bataillon par le Capitaine-Adjudant-Major Desaint.

Le 23 septembre 1916 :

  • L’Adjudant Pichard de la 6ème compagnie est promu sous-lieutenant par décision du Général en Chef en date du 18 septembre 1916, il est affecté à la 7ème compagnie
  • L’Adjudant Facques de la 3ème compagnie est promu sous-lieutenant (blessé le 13 septembre) par décision du 18 septembre
  • L’Adjudant de Bataillon Six de la 6ème compagnie est promu sous-lieutenant par décision du 18 septembre (tué le 17 septembre)

Le 24 septembre 1916 :

Deux sections de mitrailleuses de la 3ème compagnie sont mises à la disposition du Général commandant la 1ère division pour effectuer des tirs sur les avions.

  • L’Aspirant Seclet de la 2ème compagnie de mitrailleuses est promu sous-lieutenant par décision du Général en Chef en date du 19 septembre 1916, il est affecté à la 2ème compagnie de mitrailleuses
  • L’Aspirant Frémaux de la 1ère compagnie de mitrailleuses est promu sous-lieutenant par décision du Général en Chef en date du 19 septembre 1916, il est affecté à la 3ème compagnie

Le 25 septembre 1916 : Le Régiment est alerté et doit se tenir prêt à prendre les armes à partir de 12h30.

Le 26 septembre 1916 :

Le Régiment est toujours en alerte. Il va repartir en 1ère ligne en liaison avec les forces britanniques.

  • Le sous-lieutenant Bachmann, rentré de convalescence, est affecté à la 2ème compagnie
  • Les sous-lieutenants Montaufier et Bourgeois de la 5ème compagnie passent à la 10ème

Le 27 septembre 1916 :

  • A 3 heures, le Régiment part occuper les abris situés entre Hardecourt et le ferme Falfemont
  • A 10h49, ordre est donné de se porter dans le ravin 7784-7878 au Sud de Morval
  • A 11h20, contre-ordre
  • A 13h30, ordre de reconnaitre le secteur à occuper la nuit :
    • Au sud, ligne 7976 côte 129 (sur la route nationale) en liaison avec le 110ème
    • Au Nord : boyau aboutissant à 640, liaison avec le 73ème. Le secteur est occupé par l’Armée britannique

Le Régiment a 2 Bataillons présents du point 714 à la ligne de séparation de la 2ème D.I avec la 1ère D.I. Front marqué par la route Morval- Combles.

Le Bataillon de réserve de Brigade se trouvera au point 7682 corne Est du bois des Bouleaux.

La relève s’effectue la nuit.

  • Le 2ème Bataillon du Capitaine Ducamp occupe du point 714, liaison avec le 73ème, jusqu’à 500 mètres au sud, côte 152
  • Le 3ème Bataillon du Capitaine Desaint de la côte 152, liaison avec le 73ème, à 500 mètres au sud, en liaison avec le 110ème
  • Le 1er Bataillon de Réserve du Capitaine Ricatte occupe l’emplacement désigné au niveau de la corne Est du Bois des Bouleaux

Le colonel établit son P.C à 200 mètres au N.O de Combles dans le chemin creux Combles- Guillemont.

Positions du 17 au 27 septembre pour le 33ème

carte 13 : Positions du 17 au 27 septembre pour le 33ème

Le 28 septembre 1916 :

A 1h40, une note provenant du Général Commandant la 2ème D.I signale au Régiment qu’une patrouille anglaise a rendu compte que dans la tranchée de Morval n’est pas occupée totalement par l’ennemi entre 640a et 640e.

Ordre est donné au Capitaine Ducamp commandant le 2ème Bataillon de s’en assurer et de pousser jusqu’au chemin creux qui longe la tranchée de Morval au Nord et de l’occuper.

Peu après, à 14 heures, ordre de relève par la 56ème D.I. Cette division relèvera dans la nuit du 28 au 29, mais à exécuter après l’achèvement des missions en cours.

La 118ème Brigade remplacera la 3ème Brigade.

Le Régiment dès la relève arrivée doit embarquer vers le Bois Billon.

Suivant l’ordre reçu, une reconnaissance a été envoyée dans la tranchée de Morval.

L’ennemi occupant la tranchée, a été repoussé jusqu’au point 640e.

Pris par le feu de mitrailleuses la reconnaissance ne peut progresser.

A 18 heures, le régiment reçoit l’ordre d’étendre son front de 250 mètres au Nord environ.

Ordre exécuté à 19 heures. Le Général de Division observe que le Régiment occupe alors le point 8583 au moment de sa relève.

Le 29 septembre 1916 :

Une relève s’opère dans la nuit, le 355ème remplace le Régiment qui va bivouaquer à 100 mètres au Nord-Ouest de la ferme Bonfray (voir carte 10).

Positions au 29 septembre pour le 33ème

carte 14 : Positions au 29 septembre pour le 33ème

  • Les Lieutenants Imbert venu du 9ème Bataillon du 77ème R.I et Michalot du 9ème Bataillon du 95ème R.I sont affectés au petit dépôt divisionnaire
  • Les Sous-Lieutenants Rhue et Clément venant du dépôt du Régiment à Cognac sont affectés au petit dépôt divisionnaire
  • Monsieur l’Aide Major de 2ème classe Boyer venu du R.P. de la 5ème Armée en exécution de la note de service de santé du 1er Corps d’Armée du 25 septembre 1916 est affecté au 2ème Bataillon

Le 33ème est pour quelques temps en retrait du front.

Ces quelques jours vont lui permettre de se réorganiser un peu. Les mouvements du Régiment seront nombreux comme le montre la retranscription des écrits du JMO du 33ème jusque mi-octobre.

La Brigade est relevée du C.A.

Le 30 septembre 1916 : R.A.S

Le 01 octobre 1916 :

En exécution de la note de service de santé du 1er Corps d’Armée du 25 septembre 1916, – Monsieur Le Médecin Aide-Major Poubet est dirigé sur sa région d’origine (atteint par la relève).

  • Monsieur le Sous-Lieutenant Blanquet du Chayla de la 8ème compagnie détaché aux fusils mitrailleurs est évacué pour maladie

Par décision du Général en Chef en date du 28 septembre 1916 est promu :

  • Lieutenant à titre temporaire, le Sous-Lieutenant Derville
  • L’aspirant Bonningue est nommé sous-lieutenant et affecté à la 3ème compagnie
  • L’aspirant Dutertre est nommé sous-lieutenant et affecté à la 10ème compagnie
  • L’adjudant Prum est nommé sous-Lieutenant et affecté à la 3ème compagnie de mitrailleuses
  • L’adjudant Bouré est nommé Sous-Lieutenant et affecté à la 10ème compagnie

Du 01 au 04 octobre 1916 : Les troupes se reconstituent peu à peu à l’arrière dans le secteur du Bois Billon et de la ferme de Bonfray.

Le 05 octobre 1916 :

Par note n°7831/3, les éléments de la 18ème D.I remplacent la 2ème D.I.

Le Régiment doit se tenir prêt à embarquer et quitter la ferme de Bonfray à partir de 15 heures.

Les cantonnements seront les suivants :

  • Etat-Major et 1er Bataillon à Bussy-lès- Poix.
  • 2ème et 3ème Bataillons à Fricamps – le Faye  moins 2 compagnies qui cantonnent à Hermilly Thieulloy-l’Abbaye

L’embarquement commence à 17heures 40. Le déplacement se fait par camions, l’arrivée à l’arrière se fera dans la nuit

Le 06 octobre 1916 :

Les bataillons arrivent successivement :

  • Le 1er Bataillon à 3h30 et 5h30
  • Le 2ème Bataillon à 5h40
  • Le 3ème Bataillon à 14 heures

Ce campement n’est qu’une étape. Par mouvements successifs détaillés ci-dessous, le Régiment va quitter les champs de bataille de la Somme pour ceux de Champagne.

Le 07 octobre 1916 :

Le Régiment fait mouvement par voie de terre (exécution de la note n° 762)

  • E.M et 2 Bataillons à Namps-Maisnil (Au sud-ouest d’Amiens)
  • 1 Bataillon à Rumaisnil

Départ à 6h30.

Par suite du peu de place à Namps au Nord, le 3ème Bataillon cantonne comme suit :

  • La 9ème cie à Namps au Val
  • Les 10ème et 11ème à Maisnil

Les Sous-Lieutenants Montaufier et Bourgeois passent de la 10ème à la 5ème compagnie.

Le 08 octobre 1916 : Arrivée d’un renfort le 19ème de : 515 gradés et hommes venant du P.D.D*.

Le 09 octobre 1916 :

Le Régiment fait mouvement par voie de fer. Il s’embarque à la gare de Loeuilly (à 15 km au sud-ouest d’Amiens) en 3 trains :

  • L’E.M à 13 – 17 et 21 heures pour le reste de la troupe vers la gare de Coolus (gare située à 10 km au sud de Châlons-sur-Marne)
  • L’E.M., les 2ème et 3ème Bataillons sont cantonnés à Somme Vesles
  • Le 1er Bataillon à Poix

Le 10 octobre 1916 :

Arrivée du régiment dans les cantonnements énoncés ci-dessus.

Par décision du Général Commandant en Chef en date du 4 octobre 1916, sont nommés Sous-Lieutenant à titre temporaire :

  • L’adjudant Chrétien affecté à la 10ème compagnie
  • L’adjudant Courtin  affecté à la 11ème compagnie
  • L’adjudant Roze affecté à la 9ème compagnie
  • L’adjudant Folacci affecté à la 9ème compagnie
  • Le sergent Onfroy affecté à la 7ème compagnie
  • Le sergent Hilde affecté à la 1ère compagnie

Les 11 – 12 – 13 octobre 1916 : Les soldats attendent et se récupèrent à l’arrière.

Les actions du 33ème R.I dans la Somme et dans le secteur de Combles sont terminées.

Là encore, le Régiment a laissé derrière lui un nombre colossal de camarades.

Le bilan des opérations effectuées est insignifiant !

La liste des pertes du Régiment subies du 04 au 30 septembre est annexée au Journal de Marche.

Cette liste comprend :

  • Tués : 193
  • Blessés : 665
  • Disparus : 13
  • Total : 871

De loin, ils suivent les événements qui se déroulent dans le secteur qu’ils ont quitté.

Les opérations vont continuer.

L’occupation de Combles, elle, devait se réaliser.

Les Anglais enlèvent Morval dans la nuit du 25 au 26 septembre 1916.

Le 26 septembre La prise de Morval par l’armée britannique et celle de la ligne Frégicourt-Rancourt par l’armée française réalisaient l’enveloppement de Combles, où les Alliés entrèrent à la fois le 26 septembre, les Anglais par le Nord, les Français par le Sud. Les Allemands, sentant le péril, avaient donné dans la nuit l’ordre d’évacuer ce bourg. Cependant une compagnie qui occupait la lisière Sud reçut l’ordre de retraite trop tard. Elle vint successivement se heurter aux Français sur le chemin de Frégicourt, aux Anglais sur le chemin Morval, rentra dans Combles et y fut prise.

Le 33ème R.I était lui déjà parti sur d’autres terrains de bataille en Champagne où il va combattre pendant une partie de l’hiver 1916-1917.

Ce que nous verrons dans le prochain article : Les opérations en Champagne (Octobre 1916 à janvier 1917)

Ci-dessous, 2 photos qui montrent Combles et le secteur en 1916. Prise jugée stratégique.

Combles en ruines

Combles [Somme – ruines] 1916 photographie Agence Rol source bnf Gallica btv1b69527505

Combles vue panoramique

Source gallica.bnf.fr / Archives départementales de la Somme

croquis-mont-saint-quentin

Croquis idéalisés du secteur – Source bnf Gallica La Grande Guerre – IV volume 3 imprimé en l’année 1931